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Vent d' automne
Sur les calendriers, en ronde monotone,
Le temps toujours s’enfuit. Mon âme en oraison
Rêve qu’un long printemps, pour unique saison,
Ne daigne s'affliger d’un univers atone !
Novembre nous arrive et le monde dissone.
Un être flamboyant ? Non, la défeuillaison !
Chaque jour qui s’étiole attriste ma raison,
L’hiver est le taudis d’une affreuse gorgone.
Ma muse n’aime pas marcher sur le bois mort,
Son regard s’assombrit quand la forêt s’endort
Et dévoile soudain sa face désolée.
Que colportent ici sur une page blanche,
Des mots qui se pâmaient aux feuilles de la branche ?
" Voici le vent d’automne, il sème à la volée... "
Hanternoz
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L'automne

Salut ! bois couronnés d'un reste de verdure !
Feuillages jaunissants sur les gazons épars !
Salut, derniers beaux jours ! Le deuil de la nature
Convient à la douleur et plaît à mes regards !
Je suis d'un pas rêveur le sentier solitaire,
J'aime à revoir encore, pour la dernière fois,
Ce soleil pâlissant, dont la faible lumière
Perce à peine à mes pieds l'obscurité des bois !
Oui, dans ces jours d'automne où la nature expire,
A ses regards voilés, je trouve plus d'attraits,
C'est l'adieu d'un ami, c'est le dernier sourire
Des lèvres que la mort va fermer pour jamais !
Ainsi, prêt à quitter l'horizon de la vie,
Pleurant de mes longs jours l'espoir évanoui,
Je me retourne encore, et d'un regard d'envie
Je contemple ses biens dont je n'ai pas joui !
Terre, soleil, vallons, belle et douce nature,
Je vous dois une larme aux bords de mon tombeau ;
L'air est si parfumé ! la lumière est si pure !
Aux regards d'un mourant le soleil est si beau !
Je voudrais maintenant vider jusqu'à la lie
Ce calice mêlé de nectar et de fiel !
Au fond de cette coupe où je buvais la vie,
Peut-être restait-il une goutte de miel ?
Peut-être l'avenir me gardait-il encore
Un retour de bonheur dont l'espoir est perdu ?
Peut-être dans la foule, une âme que j'ignore
Aurait compris mon âme, et m'aurait répondu ? ...
La fleur tombe en livrant ses parfums au zéphire ;
A la vie, au soleil, ce sont là ses adieux ;
Moi, je meurs; et mon âme, au moment qu'elle expire,
S'exhale comme un son triste et mélodieux.
Alphonse de Lamartine
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